Les jeux Olympiques sont-ils réellement « apolitiques » ?
Les jeux olympiques sont des évènements qui réunissent des sportifs de différents
pays du monde entier. A travers le sport, ils prônent un idéal de paix entre les
peuples et sont dits « apolitiques ». Mais le sont-ils réellement ?
L’apolitisme olympique historique
Les jeux olympiques existent depuis l’Antiquité. Ils étaient alors l’occasion de
rassembler des athlètes de différentes cités grecques pour favoriser la paix. C’est ce
que les grecs appelaient « la trêve olympique ». Ils étaient donc considérés comme
un moment apolitique, durant lequel les opinions politiques étaient mises de côté. Les
jeux d’Olympie ont cependant été interdits par l’empereur romain Théodose 1 er , ce
qui représente la première atteinte à ce principe. Lorsque Pierre de Coubertin les fait
renaitre sous son impulsion à la fin du XIX, une charte olympique est créée. Le but
de cette charte : garantir l’apolitisme olympique. Aujourd’hui encore, le Comité
international olympique (CIO) veille à ce que les jeux olympiques restent un
évènement international, durant lequel les États et les athlètes n’expriment aucune
opinion politique.
Un principe souvent mis à l’épreuve
L’histoire des jeux olympiques montre que le respect de cette charte n’est que
théorique. Elle révèle plutôt des tensions et rivalités entre des pays. Le choix des
pays participants, comme celui des villes hôtes, mettent à l’épreuve l’apolitisme des
jeux. Les « bannières neutres » des athlètes qui ne participent pas sous le drapeau
de leur nation est l’un des révélateurs d’un certain manque d’apolitisme. Aux JO de
1964, l’Afrique du Sud a été retirée de la compétition du fait de sa politique
d’apartheid. En 2024 aux JO de Paris, les athlètes russes ont participé sous
« bannières neutres » en raison du conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine depuis
2021.
Les villes et pays hôtes profitent de cet évènement international pour démontrer leurs
puissances, leurs qualités et diffuser leurs idéologies. L’exemple le plus flagrante est
celui des JO de 1936 à Berlin en Allemagne. L’Allemagne y retranscrit en direct sa
propagande en mettant en avant l’idéologie nazie. Le chancelier de 1936 s’est
appuyé sur le rayonnement mondial de l’événement pour mettre en scène une
« vitrine » culturelle idéalisée et des images qui mettent en valeur l’Allemagne.
Aussi, certains athlètes tirent parties de l’évènement désormais très médiatisé pour
dénoncer des faits politiques, qui ne disposent habituellement pas de telle mise en
avant sur la scène internationale. Lors des JO de 1968, les athlètes Tommie Smith et
John Carlos ont exposé les discriminations subies par les Afro-Américains en levant
leur point ganté en noir vers le ciel…un geste qui est devenu un symbole de la lutte
contre les discriminations raciales.
S’ils se veulent apolitiques depuis l’Antiquité, les jeux olympiques sont confrontés à la
réalité du monde, un monde marqué par les enjeux économiques, sociaux, politiques
et géopolitiques. Louison Brochier.



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